Cinq points que je vérifie d’abord avec un habitant de Saint-Julien qui travaille à Genève, tels qu’ils s’appliquent en octobre 2026.
Imposé à Genève, déclaré en France
Genève n’est pas signataire de l’accord frontalier de 1983 : votre salaire y est imposé à la source. Vous le déclarez aussi en France (annexe 2047-SUISSE), où un crédit d’impôt égal à l’impôt français évite la double imposition. Si au moins 90 % de vos revenus bruts mondiaux, conjoint compris, sont imposables en Suisse, vous êtes quasi-résident et pouvez demander une taxation ordinaire ultérieure : elle permet de déduire frais effectifs, rachats de 2e pilier ou cotisations de 3e pilier A. Elle se redemande chaque année, au plus tard le 31 mars de l’année suivante.
Télétravail : le seuil des 40 %
Depuis le 1er janvier 2026, selon l’avenant à la convention fiscale franco-suisse, jusqu’à 40 % de votre temps d’activité par année civile en télétravail depuis la France, dont dix jours au plus de missions temporaires à l’étranger, tout votre salaire reste imposable en Suisse. Au-delà, la part de salaire liée au télétravail est imposable en France dès le premier jour, et le seuil de 90 % du quasi-résident devient difficile à atteindre. Côté sécurité sociale, un autre accord permet de rester assuré en Suisse jusqu’à 49,9 % de télétravail, si l’employeur demande une attestation A1.
Le recensement des frontaliers
Genève verse chaque année à la France une compensation pour les habitants de l’Ain et de la Haute-Savoie qui y travaillent : 411 millions de francs en 2026, selon le Conseil d’État. D’après la Ville, la part de chaque commune est proportionnelle au nombre de frontaliers qui y résident. Saint-Julien la réinvestit dans ses écoles, gymnases et stades, et prévient qu’un recensement insuffisant peut, à terme, alourdir des impôts comme la taxe foncière. La mairie demande de remplir chaque année son formulaire en ligne et de signaler tout changement d’employeur ou de domicile. Avec un permis G, vérifiez que l’adresse du permis est à jour ; de nationalité suisse, signalez-vous vous-même.
Assurance maladie : un choix unique
En commençant à travailler en Suisse, vous avez trois mois pour opter, de façon irrévocable, pour l’assurance maladie française ; sans démarche, vous êtes affilié d’office en Suisse. Le choix ne se rouvre qu’après certains changements, comme le passage à la retraite du seul régime suisse ; mariage, naissance ou changement d’employeur sans chômage ne suffisent pas. Votre famille sans activité vivant en France suit votre option. Avec l’option française, la cotisation Urssaf est de 8 % en 2026, sur les revenus de l’avant-dernière année, revenus fonciers et de capitaux mobiliers compris, après un abattement de 25 % du plafond de la Sécurité sociale.
Deuxième et troisième piliers
Si vous cessez de travailler en Suisse en restant assujetti à l’assurance obligatoire en France, la part obligatoire de votre 2e pilier ne peut pas vous être versée en espèces : elle reste en Suisse, sur un compte ou une police de libre passage. Ne sont pas visés la part surobligatoire, le capital pris comme prestation de vieillesse et le versement anticipé pour acheter votre logement ; le règlement de la caisse et la loi suisse restent déterminants. Le 3e pilier A est ouvert aux frontaliers : 7 258 francs au plus pour un salarié en 2026, déductibles par une taxation ordinaire ultérieure.